mots et maux

Posté le 25/04/2009 à 12:00 par motsetmaux









Par un beau jour du mois de juin, il avait pris le métro, comme il le faisait quotidiennement.
Il regardait son agenda pour se remémorer son programme de la semaine quand il sentit le poids d’un regard sur sa nuque.

Il se retourna lentement et ce qu’il vit l’intéressa au plus haut point : derrière lui se trouvait une belle jeune femme mince, vêtue d’une robe très courte, au décolleté dévoilant la naissance d’une poitrine bien galbée , ses cheveux blonds ondulés étaient lâchés sur ses épaules et ses yeux d’un bleu profond le regardaient intensément.
Il lui sourit, elle le lui rendit.

Il en oublia son agenda, désireux de se noyer dans l’océan des yeux de la sirène qui l’attirait comme un aimant.

La place en face d’elle se libéra à la station suivante, il se leva et vint s’y asseoir sans la quitter du regard. Des effluves de son parfum lui parvenaient, ce parfum il en était certain il le reconnaîtrait entre mille.

Dans 3 stations, il devait descendre, il ne pouvait manquer son rendez-vous…. Il se dit qu’il fallait absolument qu’il lui parle, qu’il obtienne son numéro de téléphone…..Il voulait la revoir, elle l’excitait, il voulait la faire sienne, sentir son corps vibrer sous le sien, il fallait qu’il lui parle…. Mais au moment où il allait se décider elle baissa ostensiblement les yeux pour se plonger dans la lecture du roman qu’elle tenait entre ses mains….

Il toussota à plusieurs reprises, allongea le pied jusqu’à toucher le sien, sa seule réaction fut de le reculer sans même relever la tête.

Son attitude le dégrisa, il soupira, peut-être avait-il mal interprété l’expression de la jeune femme ? Il la fixa intensément, elle continua sa lecture d’un air impassible.
Il devait descendre à la prochaine station ,il se résigna donc à se lever , se dirigea vers la porte de sortie , s’efforçant de regarder droit devant lui, luttant contre son envie de retourner sur ses pas pour  l’aborder et lui soutirer son numéro de téléphone.
Les portes coulissantes s’ouvrirent, il descendit du métro et se dirigea vers la sortie, le cœur lourd de ce qu’il n’avait osé faire.

Il marchait ainsi dans le couloir du métro, loin devant il apercevait le bas des marches de l’escalier conduisant à l’extérieur quand il entendit derrière lui le claquement de talons sur le sol . Les pas se rapprochèrent….
Absorbé par ses pensées, il n’y prêta pas attention jusqu’au moment où , en même temps qu’une main se posait sur son épaule droite , une voix douce l’appela : « Monsieur »
Pendant qu’il se retournait lui parvint une senteur qu’il reconnut immédiatement et il sut avant de la voir que celle qui l’apostrophait n’était autre que son inconnue.
Il s’arrêta, la regarda, incrédule, ses yeux bleus reflétaient l’amusement qu’elle avait ressenti à le faire souffrir ainsi, la garce elle s’était bien jouée de lui ….
Elle continua : « Et si vous me donniez votre numéro ? »
Il avait toujours sur lui des cartes de visite, il lui en donna une .Sans un mot, elle la prit, vint déposer sur ses lèvres un baiser léger, puis, sur un « je vous appelle », se retourna et reprit le chemin inverse laissant derrière elle ce parfum qu’il n’oublierait jamais…..

La journée se passa comme à l’accoutumée, ponctuée de rendez-vous , il lui arriva à plusieurs reprises de penser à cette inconnue , en fait à chaque fois que son portable sonnait , mais ce n’était jamais elle.

Il rentra chez lui ce soir-là , il garda son portable dans sa poche espérant toujours recevoir l’appel promis , mais rien ne vint …

Un jour , puis deux passèrent , le souvenir de l’inconnue s’estompa , il en vint à penser qu’elle ne l’appellerait jamais ou encore qu’il avait rêvé cette rencontre.

Et puis, une semaine après, il déjeunait seul à la terrasse d’un café , son portable sonna , une voix douce qu’il n’avait pas oubliée se fit entendre :
« Bonjour, vous souvenez-vous la semaine dernière avoir été interpellé dans le métro par une jeune femme blonde ? »
Il essaya d’être aussi naturel qu’elle en lui répondant par l’affirmative , il ne voulait pas qu’elle réalise à quel point il avait espéré son appel.
« J’ai une proposition à vous faire » continua-t-elle , « êtes-vous seul chez vous ce soir ? »
« Tout à fait » répondit-il.
« je vais alors vous demander de laisser votre porte ouverte , et d’éteindre toutes les lumières et de baliser le chemin jusqu’à votre chambre de bougies allumées et de m’attendre nu sur votre lit ».
Il accepta , lui donna le code d’entrée de son immeuble, lui précisa l’emplacement exact de son appartement.

Ce soir là , après avoir acheté suffisamment de bougies pour réaliser le chemin de sa porte d’appartement à son lit, il rentra chez lui , prit une douche , installa les bougies qu’il alluma, et …. attendit seul dans la chambre simplement éclairée par le chemin de flammes qu’il avait disposé comme elle le lui avait demandé……
Les heures commencèrent à s’écouler, il attendait …. Et …. Rien ne vint …

Epuisé par sa journée de travail il arriva un moment où il ne put résister à l’envie de fermer les yeux, et le sommeil s’empara de lui……

Il rêvait …..elle était là , sa blonde aux yeux d’océan , autour d’eux flottait ce parfum qui était le sien , elle s’était donnée à lui sans réserve , il l’avait prise et reprise au gré de ses envies , non il ne voulait pas sortir de ce rêve pour retourner à la réalité….. Comme il aimait sa bouche sur son membre durci par le désir , cette langue qui en dessinait les contours, ces lèvres qui s’entrouvraient ….. et… son parfum, son parfum qui ….. , mais ….ce parfum ?…..Il était trop présent pour ne pas être réel…. Non… Il ne rêvait plus , la réalité avait rejoint son rêve, elle était bien là, agenouillée au dessus de lui , sa bouche emprisonnant son sexe gonflé….. mais depuis quand était-elle là , quand donc son rêve était-il devenu réalité ? Il n’en savait rien et après tout quelle importance , se dit –il , en prenant la jeune femme par les hanches et l’attirant vers sa bouche pour lui rendre les caresses buccales qu’elle était en train de lui prodiguer…..
Sam 25 jui 2009 1 commentaire
C'est une belle histoire, qui me rappelle d'ailleurs la chanson de Michel Fugain : Un Beau Roman (Une Belle Histoire).
Je réalise que cette époque - pour moi révolue - me manque.
Patrice - le 26/07/2009 à 22h35
En dehors de "changement de maitresse" inventée de toute pièce, c'est la seule histoire qui m'est été inspirée par ce que m'avait raconté un homme qui avait rencontré ainsi une inconnue , dans toutes les autres histoires il y a toujours du vécu en mélangeant les situations et les personnages afin de brouiller un peu les pistes
Ludivine